La romantasy désigne un genre littéraire hybride qui mêle romance et fantasy : une relation amoureuse centrale portée par un univers fantastique, qu’il s’agisse de fae, de dragons, de magie ou de royaumes imaginaires.
Le genre existe depuis plusieurs décennies dans l’édition anglophone, mais sa progression en France s’est accélérée avec BookTok, le segment littéraire de TikTok devenu un canal de prescription suivi de près par les éditeurs. Pour une lectrice qui s’y intéresse pour la première fois, le volume de titres disponibles peut dérouter autant qu’il attire.
Ce qui distingue la romantasy des autres genres romance ou fantasy
La confusion avec la romance pure ou le fantasy pur est fréquente. Dans un roman de romance, l’intrigue amoureuse est le seul moteur : il n’y a pas d’enjeu extérieur à la relation. Dans un roman de fantasy, l’univers et ses conflits sont prioritaires, la romance reste secondaire. La romantasy construit une tension entre les deux : la relation amoureuse et les enjeux du monde fantastique se conditionnent mutuellement.
Un autre marqueur du genre : les codes narratifs récurrents. Le trope enemies to lovers (deux personnages d’abord opposés qui tombent amoureux) y est central, tout comme le « slow burn » (tension amoureuse qui se développe lentement sur plusieurs tomes). Ces conventions ne sont pas des défauts du genre : elles constituent précisément ce que ses lectrices viennent y chercher.
ACOTAR et les séries de référence pour commencer la romantasy
ACOTAR (A Court of Thorns and Roses), de Sarah J. Maas, est la série la plus citée comme point d’entrée. Elle réunit les caractéristiques fondamentales du genre : un univers de fae élaboré, une protagoniste féminine dont l’agentivité évolue au fil des tomes, et une romance centrale construite sur plusieurs volumes. La série compte plusieurs tomes, ce qui implique un investissement de lecture sur la durée.
Crescent City, également de Sarah J. Maas, propose une fantasy urbaine avec des codes similaires, dans un cadre contemporain mâtiné de surnaturel. Pour des lectrices qui préfèrent éviter les univers médiévaux-fantastiques classiques, ce point d’entrée peut être plus accessible.
Forth Giving Blood and Ash, de Jennifer L. Armentrout, est une autre série fréquemment recommandée aux débutantes : le rythme est soutenu, la romance occupe une place importante dès le premier tome, et l’univers fantastique reste lisible sans connaissance préalable du genre.

Comment choisir son premier livre romantasy selon ses préférences
Le premier critère de choix est la tolérance au « dark romance », c’est-à-dire aux relations amoureuses qui incluent des dynamiques de pouvoir déséquilibrées, de la violence ou des personnages moralement ambigus. Certaines séries romantasy sont explicitement classées dark romance ; d’autres restent dans une tonalité plus légère. Cette distinction est rarement indiquée sur les couvertures françaises, mais les communautés de lectrices en ligne (Bookstagram, BookTok, groupes de lecture) documentent ces nuances avec précision.
Le deuxième critère : la longueur des séries. La majorité des titres romantasy populaires sont des séries de trois tomes ou plus, avec des fins de tome souvent ouvertes. Une lectrice qui souhaite une expérience complète dès le premier livre a peu d’options dans ce genre. Les romans indépendants (standalones) existent mais restent moins nombreux parmi les titres les plus diffusés.
- Préférence pour l’univers fantastique élaboré : ACOTAR (fae, cours magiques, worldbuilding dense) ou Crescent City (urban fantasy avec mythologie propre) sont adaptés.
- Préférence pour la romance au premier plan : From Blood and Ash ou les titres de la maison d’édition Pemberley Books privilégient la tension romantique dès le début.
- Préférence pour un roman court et autonome : il peut être utile de consulter les sélections des librairies spécialisées ou des communautés de lectrices, qui identifient régulièrement des standalones accessibles.
L’édition française de romantasy : un marché en cours de structuration
En France, plusieurs éditeurs ont développé des lignes éditoriales dédiées à la romantasy. Lumen, Pemberley Books ou Eilean Books font partie des structures qui ont investi le genre. Selon Livres Hebdo (octobre 2026), NielsenIQ BookData ne suit la romantasy comme catégorie distincte que depuis septembre 2025 : les données de ventes antérieures à cette date dépendent d’autres classifications et ne sont pas directement comparables.
Le même article de Livres Hebdo signale des signes de saturation de l’offre sur le marché français, plusieurs professionnels attribuant les difficultés de certains titres à la multiplication des nouveautés et à la capacité limitée des librairies à les mettre en avant. Pour une nouvelle lectrice, cela signifie concrètement que le choix est large mais que la visibilité en librairie reste inégale selon les points de vente.
BookTok continue d’orienter les ventes : les titres qui circulent massivement sur TikTok bénéficient d’une visibilité importante, mais la viralité ne garantit pas l’adéquation avec les goûts de chaque lectrice. Les recommandations personnalisées des libraires spécialisés ou des communautés de lectrices en ligne restent un complément utile pour affiner un premier choix.
Les codes du genre à connaître avant de lire sa première romantasy
La romantasy utilise un vocabulaire spécifique que les communautés de lectrices emploient couramment. Connaître ces termes avant de plonger dans les discussions en ligne ou de lire les quatrièmes de couverture aide à s’orienter.
- Tropes : conventions narratives récurrentes du genre (enemies to lovers, forced proximity, fake dating). Ils ne sont pas des clichés à éviter mais des promesses de lecture que l’autrice est censée tenir.
- Spicy : terme désignant la présence de scènes explicites. Certains titres sont « low spicy » (peu de scènes explicites), d’autres « high spicy ». Cette information circule abondamment dans les communautés de lectrices.
- Cliffhanger : fin de tome qui laisse l’intrigue en suspens pour forcer la lecture du tome suivant. Très fréquent dans les séries romantasy populaires.
- DNF (Did Not Finish) : abandon d’un livre en cours de lecture. Dans les communautés de lectrices, les DNF sont expliqués et argumentés, ce qui en fait une source d’information utile pour évaluer un titre avant de le commencer.
La romantasy en français traduit également les acronymes anglais : ACOTAR, FBAA, CC circulent tels quels dans les discussions francophones, ce qui peut désorienter au premier abord. Ces sigles correspondent aux initiales des titres originaux en anglais et sont devenus des marqueurs d’appartenance à la communauté du genre.
Pour une lectrice qui débute, l’entrée par une série très diffusée comme ACOTAR présente un avantage pratique : la communauté de lectrices francophones qui en discute est vaste, ce qui facilite l’accès à des analyses, des classements de tomes et des recommandations de lecture suivante basées sur des profils similaires.

